
La peinture d'Antoine NIVELLE s'amuse à remonter le temps. Elle se fige dans une époque qui n'est pas la nôtre, silencieuse et secrète, grise comme la pluie, sonore comme le vent.
Restaurateur de tableaux, on pourrait croire que NIVELLE connaît la musique et que les maîtres anciens n'ont plus de secrets pour lui. Ils gardent au contraire tout leur mystère, qu'ils distillent goutte à goutte, parcimonieusement et sur le ton de la confidence pour ce jeune peintre anachronique et sentimental qui reste sensible à l'atmosphère des lieux, à la douceur de la lumière, aux vibrations de la nature.
Ici, une touche frémissante comme celle de Corot de Ville-d'Avray; là, un chemin creux qui s'enfonce dans la forêt des peintures de Barbizon; là encore, une lumière de port de Jongkind et puis des sensations humides et vaporeuses qui réveillent des citations sans les nommer.
En pleine possession d'un métier possible et d'une vision personnelle de la nature, Antoine NIVELLE revisite la grande tradition de la peinture française du paysage, sur un ton complètement démodé, c'est à dire plein de charme et de séduction.