
J’aime la gravure, parce qu’elle va dans les détails chercher la vérité. Ceux que je capte sont ceux qui lui ouvrent la voie et en balisent le chemin, que je suis de l’œil et de la main. Dés le début, j’étais attirée par les oeuvres frissonnantes, délicatement vibrantes, tout en finesse, telles celles de Hans Bellmer, Georges Braque, Domenico Gnoli, Ritch Miller ou Fred Deux.
J’aime la gravure, parce qu’elle donne aux détails la précision nécessaire et la place essentielle qui est leur. Ainsi, texture, peau, nervures, fibrilles ou poils me font depuis l’origine l’effet d’une frontière fragile et décisive, la dernière avant la descente vertigineuse dans les profondeurs. Puis, le squelette devint à mes yeux l’architecture exemplaire du vivant et naturellement le support et le réceptacle organique de mes états d’âme, qu’il m’a semblé vital d’y rattacher : ainsi commença mon aventure avec les disséqués.
J’aime la gravure, parce que ses délicates incisions au scalpel ont quelque chose du geste chirurgical, net, sans retour, mais aux effets toujours un peu mystérieux. Pour moi, la morsure du métal est comme une opération qui commence à la peau et se poursuit dans les obscurités d’encre et de sang de la matière.
Mais si je l’aime tant, c’est aussi que je l’ai patiemment apprise dans les ateliers d’excellents maîtres, ceux de l’ Ecole Estienne à Paris et ceux de l’Ecole des Arts Décoratifs de Strasbourg. Ensuite, ayant fait mon chemin, j’ai pu exposer mon travail notamment, à la Galerie Michèle Broutta ( Paris XV), à la Galerie Fürstenberg (Paris 6e), à la Galerie de Wégimont (Belgique) et tout récemment au Centre de la Gravure de La Louvière (Belgique).